Paul-Emile Victor et la France de l'Antarctique

Il se disait «nomade» et le fut sans aucun doute, par amour
de l'aventure, des navires et des avions. A vingt-six ans,
en 1934, il quitte la vie paisible que lui offrait l'usine familiale
de Lons-le-Saunier pour aller vivre chez les Esquimaux.
Dès son retour, il devient célèbre grâce à ses reportages,
ses conférences et ses livres.
Après guerre, il se tourne vers l'extrême Sud et déploie ses
talents d'organisateur pour mettre sur pied les «Expéditions
polaires françaises». La France de de Gaulle veut être présente
en Antarctique en ces années de guerre froide où les
grandes puissances découvrent l'intérêt stratégique du
continent blanc - les observations de la haute atmosphère
que l'on y fait vont permettre la conquête spatiale. En terre
Adélie, tout est alors à inventer : «PEV» réussit à obtenir les
moyens de construire la base Dumont-d'Urville, offrant aux
scientifiques un terrain exceptionnel pour la connaissance
de la planète.
Toujours en quête de nouveaux horizons, il se lance dès la
fin des années 1960 dans la défense de l'environnement et
se bat pour la préservation de l'Antarctique. Au faîte de sa
popularité, il se retire à Bora Bora où il peaufine sa légende.
C'est l'histoire d'un mythe que raconte ce livre, celle d'un
homme qui fit rêver plusieurs générations.