Feydeau

Georges Feydeau
(1862-1921)
Né à Paris le 8 décembre 1862, Georges Feydeau est le fils (présumé) du romancier Ernest Feydeau. Sa mère est d'origine juive polonaise. Il commence à écrire des pièces dès l'âge de sept ans. En 1886, il obtient un succès avec le vaudeville Tailleur pour dames , et connaît par la suite plusieurs échecs, mais impose son talent à partir de 1892, dans Monsieur chasse ! et Champignol malgré lui.
Marié avec la fille du peintre Carolus-Duran, il en aura quatre enfants, mais n'est pas un époux fidèle. Il déambule, la nuit, de cafés-concerts en cercles de jeu, dans une apparente oisiveté, et pourtant ne cesse d'obtenir des triomphes au théâtre, avec des vaudevilles d'un comique irrésistible, qu'il met lui-même en scène. Un fil à la patte, l'Hôtel du Libre-Échange, Le Dindon, La Dame de chez Maxim et, plus tard, La Puce à l'oreille, Occupe-toi d'Amélie , sont construits avec une précision qui l'a fait comparer à un horloger.
Sa création deviendra différente à partir de 1908, avec les « farces conjugales », telles que Feu la mère de Madame ou On purge Bébé , d'un comique assez cruel, inspirées de sa propre vie.
Atteint par une syphilis qui engendre des troubles mentaux, ce « moraliste souvent profond » (Jacques Lorcey) s'éteint le 5 juin 1921 après deux années de souffrances. Mais, aujourd'hui encore, ses oeuvres ne cessent d'occuper la scène. À la question « Qui suis-je ? » Georges Feydeau posée en couverture de ce livre, Marcel Achard a déjà répondu : « Après Molière, le plus grand auteur comique français. »
« En arrangeant les folies qui déchaîneront l'hilarité du public, je n'en suis pas égayé, je garde le sérieux, le sang-froid du chimiste qui dose un médicament. J'introduis dans ma pilule un gramme d'imbroglio, un gramme de libertinage, un gramme d'observation. Je malaxe [...] ces éléments. Et je prévois presque à coup sûr l'effet qu'ils produiront. » (Propos recueillis par Adolphe Brisson.)