Le tremblement : Haïti, février 2010 : récit

12 janvier, Port-au-Prince. La terre tremble. Un pays
tout entier s'effondre.
Lionel-Édouard Martin était à Port-au-Prince, ce
jour-là. À 16 h 52, il se servait une bière dans sa
chambre, à l'hôtel Karibé.
Pourquoi réchappe-t-on d'une telle catastrophe ?
Par quelle configuration du sort d'autres meurent-ils et
pas vous ? Chance ? Hasard ? Ou tout simplement un
enchaînement de circonstances qui fait que vous êtes
comme oublié par la catastrophe ? Vous devriez être
mort, vous êtes vivant.
Minute par minute, Lionel-Édouard Martin raconte
les trois jours qui ont suivi le tremblement de terre
d'Haïti. Il dit le silence, la stupeur absolue, mais aussi
la solidarité immédiate, les signes ténus mais tenaces de
la vie qui s'organise. Faisant le décompte macabre des
amis et collègues disparus, il dit le désespoir de ceux
qui restent, les rencontres et les conversations qui
aident à tenir, et à vivre.
Ce texte n'est pas un reportage. C'est une parole de
survie.