L'extravagance : mémoires

Écrivain et poète de réputation internationale, amateur d'art,
homme d'action et diplomate - «ambassadeur d'un incendie»,
résume-t-il en pensant à sa terre du Liban, qu'il a représentée en
France, en Hollande et au Maroc -, Salah Stétié est issu de deux
civilisations matrices de plusieurs cultures. L'une méditerranéenne
et orientale ; l'autre française et occidentale. Libanais par son origine,
il s'est senti français très jeune par la pratique d'une langue
apprise dans les meilleures universités de Beyrouth et de Paris. Dès
lors, il s'est lié, sur chacune de ces rives, aux plus grands poètes des
années 1950 et 1960 : d'un côté, Georges Schehadé et Adonis ;
de l'autre, Pierre Jean Jouve, René Char, Yves Bonnefoy, André
Du Bouchet, Édouard Glissant...
Ses Mémoires livrent un témoignage puissant et lumineux sur
un demi-siècle d'histoire politique, les personnages prépondérants
qu'il a côtoyés dans les domaines artistique et littéraire, comme
les pays et les êtres qui l'ont marqué et accompagné. De Gaulle
est l'un des héros de ce récit.
L'ouvrage est porté par un style ample, voluptueux, parfois
mordant et ironique, à la hauteur de cette épopée intime où se
mêlent les peuples et les continents, les plus grands créateurs
et les derniers géants de l'histoire, la tragédie des guerres les
plus dévastatrices et les rêves de fraternité les plus exaltants,
les bonheurs de l'enfance et les épreuves du temps.
C'est bien un sentiment d'extravagance qu'inspirent à Salah
Stétié à la fois l'histoire de sa destinée et le spectacle du monde.