Enthousiasme, ivresse et mélancolie

Depuis l'Antiquité gréco-latine, on s'interroge sur le lien qui unit
le tempérament mélancolique et le génie, la présence du dieu dans
l'âme, l'enthousiasme. Médecins et philosophes essaient de saisir les
liens qui unissent ces états de l'âme. L'ivresse apparaît alors comme
le signe de l'enthousiasme et un moyen de soulager la mélancolie, si
on la maintient dans certaines limites. Le livre s'attache à retracer
les métamorphoses subies par ces concepts à partir de la
Rennaissance et essaie de comprendre comment leur richesse et leur
ambiguïté se sont perdues avec la naissance de la psychopathologie
moderne au XIX<sup>e</sup> siècle. L'enthousiasme devient l'hystérie, la
mélancolie, la dépression et l'ivresse une conduite de dépendance.
La psychanalyse naissante a mieux compris la polysémie de ces
notions, et l'oeuvre de Jung tout particulièrement peut nous aider à
penser autrement qu'en termes péjoratifs et réducteurs les
fluctuations de l'âme humaine confrontée au tragique de la vie.