La société guerrière : pratiques, discours et valeurs militaires dans le Rio de la Plata,1806-1852

À partir de la crise de l'ordre colonial, et durant plus
d'un demi-siècle, au Rio de la Plata la guerre fit rage de
manière permanente. Tout au long de cette période d'instabilité politique
profonde, la guerre était placée au centre de la vie sociale et la population
locale était massivement mobilisée. L'État central s'écroula sous le poids
des guerres intestines et l'immense territoire se fragmenta en un nombre
d'entités belligérantes.
Ce livre analyse les conditions sociales de cet état de guerre totale et
persistante. Il aborde premièrement l'évolution des valeurs, des pratiques
et des discours sociaux qui permirent à la société locale d'adopter l'activité
guerrière en tant que nouvelle raison d'être. Il étudie ensuite les forces de
guerre elles-mêmes : leurs méthodes de mobilisation et d'entraînement
des troupes, leurs tactiques et leurs manières de combattre. On découvre
ainsi le mode de fonctionnement d'une véritable société en armes où les
armées régulières coexistaient avec une foule de forces militaires intermittentes
(des guérillas, des bandes indigènes, des milices, des corps francs).
L'identification des dynamiques propres à cette « société guerrière »
permet de comprendre jusqu'à quel point ses éléments constitutifs reproduisaient
et propageaient l'état de guerre lui-même.
Cet ouvrage est issu d'une thèse de doctorat en Histoire et
Civilisations, soutenue le 19 janvier 2010 devant l'École des Hautes
Études en Sciences Sociales de Paris. Cette thèse, réalisée sous la direction
de Juan Carlos Garavaglia, a reçu le Prix d'Histoire Militaire 2010
décerné par le Ministère de la Défense.