La confrontation

Samuel M., un activiste politique en rupture de ban, revient
sur son engagement, histoire de solder les comptes avant la
chute définitive. Sur sa route, défileront un avocat, un juge d'instruction,
un dignitaire militaire, des compagnons perdus de vue,
ainsi qu'une nageuse croisée dans une station balnéaire, qui lui
offrira une rédemption provisoire. La Confrontation est le récit
trouble et tendu d'une relation ambiguë avec la violence, d'un
va-et-vient entre passé extrémiste et présent carcéral, entre espoirs
idéologiques déçus et attentats perpétrés. Dans un demi-sommeil,
le narrateur, dont les motivations destructrices deviennent
pour le coup de moins en moins évidentes, avance à
pas de loup pour se faire à sa nouvelle condition. «Mon silence
entraînera ce qui suit. Mon silence éclatera, et la merde que je
traîne, après s'être heurtée à des barrages de mensonges, s'écoulera
légère dans les égouts de ma mémoire.» Comment assumer
ses actes sans avoir à les regretter ? Peut-on reconstruire
sur les ruines laissées par sa propre barbarie ?
Ni bréviaire idéologique, ni traité du ressentiment, ce roman
est avant tout la confession d'un individu déchu de son humanité,
qui envisage sur le mode du désespoir ironique le lien
défait avec une société dans laquelle il n'a plus sa place.