L'assurance maladie universelle (AMU) en Côte d'Ivoire : enjeux, pertinence et stratégie de mise en oeuvre

Le préambule de la Constitution de l'OMS affirme clairement que «La possession
du meilleur état de santé qu'il est capable d'atteindre constitue l'un des droits
fondamentaux de tout être humain.» La Constitution ivoirienne d'août 2000
emboîte le pas à cette disposition pertinente de l'Organisation mondiale de la santé
en stipulant : «L'État garantit à tous l'égal accès à la santé.» Le gouvernement
de la Deuxième République, dès son avènement en octobre 2000, accède à
cette exigence constitutionnelle par la mise en oeuvre, à partir d'octobre 2001,
d'un projet d'assurance maladie obligatoire comme moyen d'accessibilité des
populations à des soins de santé de qualité.
Véritable innovation en Afrique subsaharienne, principalement en matière de
mécanisme d'extension de la couverture santé, l'Assurance Maladie Universelle
devient l'un des grands chantiers de la politique sociale du gouvernement.
L'urgence en la matière est réelle et incompressible, d'autant que le paiement
direct des soins de santé instauré par l'Initiative de Bamako produit des effets
pervers, notamment l'exclusion et l'éloignement des populations, surtout les plus
démunies, des structures de soins avec, à la clé, la dégradation des indicateurs
sociosanitaires. L'État doit, par conséquent, créer des conditions idoines pour se
substituer aux mécanismes traditionnels d'aide et de soutien, en inventant une
politique de solidarité nationale ambitieuse, audacieuse, moderne, et rationnelle.
Cet essai participe avant tout de la volonté affirmée de montrer que l'Assurance
Maladie Universelle est possible en Afrique. Les pays africains, et principalement
la Côte d'Ivoire, ont la capacité de faire croître harmonieusement des mécanismes
d'Assurance Maladie Universelle malgré leur relative pauvreté économique.