Le syndicalisme en Afrique subsaharienne : l'expérience de la Côte d'Ivoire

Dans de nombreuses actions et activités humaines mettant en
jeu plusieurs acteurs aux objectifs et enjeux divergents, l'irrégularité
semble le plus souvent l'emporter sur la régularité. C'est le
cas du syndicalisme. Créé pour humaniser les rapports sociaux
de production, il demeure, à travers le monde, confronté à de
nombreux obstacles.
Dans le cas de la Côte d'Ivoire, ces difficultés s'avèrent encore
plus grandes : les travailleurs parviennent difficilement à «tropicaliser»
les organisations ouvrières pour en faire un outil
d'épanouissement. Pour autant, Adou Appiah considère qu'ils
ne doivent pas se constituer en acteurs passifs dans l'entreprise
ou la société, et subir les désidératas du capital. Les salariés
regroupés dans de véritables organisations syndicales doivent,
en revanche, contrôler et limiter les effets de la mondialisation,
stade suprême du capitalisme.
Telle est la mission assignée aux syndicats par l'auteur après
une analyse approfondie des relations professionnelles en Côte
d'Ivoire. En effet, face à des enjeux importants, des employeurs
puissants, un État quasi inexistant, les travailleurs sont relégués
au second plan au profit du capital. Le syndicalisme se résume
de fait en un rapport de force inégalitaire qu'il conviendrait de
normaliser, d'harmoniser et d'humaniser. C'est l'enjeu de cet
ouvrage.