Tableau noir

Dix ans déjà - la Fabrique du crétin dressait le constat lucide des
dysfonctionnements de l'École de la République.
Aujourd'hui, Tableau noir montre que rien n'a changé, malgré
les réformes entreprises... ou à cause d'elles. Venu au pouvoir avec
un projet de refondation, le gouvernement socialiste a achevé le
désastre initié dans les années 1990. Une faillite voulue, conforme
aux engagements européens d'une France à bout d'école. Faillite de la
formation - seuls les élèves les plus favorisés échappent au délitement
général, seuls les enseignants les plus rebelles parviennent encore à
accomplir leur mission -, faillite de la transmission : ce n'est plus
une culture que les enseignants, mal formés, tentent de faire passer,
mais le pré-mâché passe-partout qui envoie chaque année 150 000
adolescents à la rue, surtout s'ils en viennent.
Parce que cet échec est d'abord celui du renouvellement social,
ce sont prioritairement les plus pauvres qui paient le plus cher.
Et parallèlement, on massacre aussi les enseignants, quand on en
trouve encore : parce qu'il ne suffit pas de vouloir recruter, encore
faut-il réinventer un métier chaque jour plus difficile. Ce sont élèves
et professeurs qu'on assassine, en privilégiant un «socle» dont
les ambitions sont chaque année revues à la baisse. Et les résultats
flamboyants d'un bac qui ne veut plus rien dire sont, sans paradoxe,
l'attestation la plus exemplaire de la faillite du système.
Tableau noir , au-delà du constat accablé, est un livre de propositions.