Les crimes du diable et de l'ange. Vol. 2

En l'an 2021, la bombe atomique, ultime moyen de dissuasion,
avait interdit tous les conflits d'ordre mondial et la population,
sans cesse en évolution, tant démographique que technique,
avait vu s'instaurer un climat d'insécurité anarchique. Des tentatives
d'intimidation de la part de pays sans scrupules, dirigés par de fanatiques
dictateurs avaient essayé de prendre possession des pays voisins
en utilisant l'arme nucléaire. À leurs yeux, l'expérience du Japon était
un exemple de certitude ne laissant aucun doute : une sorte de terrorisme
à grande échelle. Mais mis au pied du mur, ceux-ci répliquaient
coup pour coup.
Ce genre de guerre nouvelle, bien plus dévastatrice qu'une guerre
conventionnelle, si elle n'en était qu'à ses balbutiements, n'en permettait
pas moins, pour autant, de croire qu'elle prendrait fin un jour. Trois
attaques successives suivies de ripostes avaient déjà eu lieu au cours de
ces dix dernières années. La guerre conventionnelle demeurait malgré
tout. Des attentats de toutes sortes dirigés contre les forces de l'ordre
avaient obligé celles-ci à prendre des mesures de protection démesurées.
Détournements de fonds, vols, meurtres, enfin, toutes les plaies du
monde avaient fait naître des mesures d'un autre genre. Des milices
armées, vêtues de treillis noir, sillonnaient les rues jour et nuit. Les
postes de police, dont les portes blindées étaient retranchées derrière
des barricades, reflétaient sans erreur cet état d'instabilité permanent.
Pour faire face à la montée sans cesse croissante des délits de toutes
sortes, les autorités durent mettre au point des programmes, des services
d'une autre dimension. Parmi tous les services créés à cette date, le
C.R.C -Centre de Recherche Criminelle, branche parallèle de la D.S.T.,
Défense et Surveillance du Territoire - infiltrait ses agents sous le couvert
d'enquêtes criminelles, là où d'autres agents n'avaient pu aboutir.