La république et le royaume : XVIe-XVIIIe siècles : l'héritage protestant

Naguère encore, le protestantisme était irrévérencieux.
Aurait-il aujourd'hui accompli sa mission historique en léguant
au monde contemporain l'essentiel de ses valeurs : la laïcité, le
libre examen, la démocratie, l'égalité, l'éducation obligatoire,
l'émancipation de la femme ? Mais est-ce le protestantisme qui a
transformé la société française, ou n'est-ce pas plus vraisemblablement
la société française qui a transformé le protestantisme ?
La République peut-elle s'accommoder du Royaume ? Le
Royaume admet-il la République ? Cette tension n'est pas nouvelle
; elle trouve l'une de ses applications dans l'espace atlantique,
en particulier dans l'Angleterre, la France et l'Amérique de
la première modernité. Elle s'incarne aussi dans un certain nombre
de grandes figures protestantes qui apparaissent tour à tour
en ces pages : Luther et Calvin, Henri IV, Cromwell, Élie
Marion, John Wesley, Jean-Jacques Rousseau...
Histoires de protestants, au pluriel, plus qu'histoire du protestantisme.
Ce sont ces personnalités contrastées que Bernard
Cottret a placées au coeur de son analyse et qui, en dernière instance,
dessinent la frontière entre le religieux et le politique, le
croyant et le citoyen.