La vie sans musique est une erreur éreintante, une besogne, un exil : lettres à Peter Gast : l'intégrale de la correspondance entre le grand imprécateur et son confident

La vie sans musique est une erreur éreintante, une besogne, un exil
« O combien j'aime la musique, mon ami Peter Gast ! »
Les Lettres à Peter Gast, surnom donné par Nietzsche (1844-1900) au compositeur Heinrich Köselitz, qui fut à la fois son secrétaire et son confident, et dont il fit un véritable double, constituent une correspondance unique dans l'histoire de la philosophie - et la plus importante que Nietzsche ait entretenue avec un ami.
Au-delà des considérations sur la musique - l'art majeur selon Nietzsche -, ces lettres constituent un témoignage capital de la pensée du philosophe au moment de sa pleine maturité intellectuelle, entre 1876 et le 3 janvier 1889, jour de son basculement vers la folie. Elles attestent de son évolution et de ses différents jalons, depuis la rupture avec Wagner ( Humain, trop humain ) jusqu'à son autobiographie et ultime oeuvre ( Ecce Homo ), en passant par l'accomplissement du Gai savoir ou de Ainsi parlait Zarathoustra.
Peter Gast est ainsi le témoin privilégié de la philosophie de Nietzsche : ces lettres en constituent le reflet en même temps que celui de la vie quotidienne du penseur allemand. Elles ont donc aussi valeur de journal.