Une Anglaise à Paris : chroniques

«Je sais désormais que je ne pourrais plus supporter de
vivre ailleurs qu'à Paris», écrivait juste après la guerre à
son ami Evelyn Waugh l'aînée des excentriques soeurs
Mitford (1904-1973). Si ses oeuvres sont mondialement
célèbres, beaucoup de ses lecteurs ignorent que Nancy
vécut dans la capitale française de 1948 à 1966, puis
à Versailles jusqu'à sa mort. Elle publia régulièrement
dans divers journaux anglais des chroniques sur la vie
parisienne et les Français en général, distillant au fil de
la plume autant de causticité que de tendresse - le tout
épicé par le gène Mitford, c'est-à-dire l'humour.
À sa francophilie naturelle s'ajoutaient ses sentiments
contrariés pour le gaulliste Gaston Palewski. Afin de
supporter les absences du politicien, Nancy ne consacrait
pas toutes ses heures parisiennes à la seule rédaction
de ses romans et biographies : elle menait une vie
mondaine et culturelle intense, méditait sur le vrai chic,
observait avec autant d'attention les concierges de
Paname que les académiciens français. Beaucoup des
thèmes évoqués dans ce recueil d'inédits sont d'une
étonnante proximité - ainsi la cuisine des prix littéraires
ou les embouteillages parisiens -, et le livre s'achève
sur un journal de mai 1968 qu'on dirait tenu par une
ethnologue britannique en pleine jungle.