Politique du cinéma iranien : le cinéma iranien de l'âyatollâh Khomeyni au président Khâtami

Par le nombre et la qualité des oeuvres réalisées, la variété des
thèmes explorés et le foisonnement de ses réalisateurs, le cinéma
iranien s'affirme comme l'un des plus dynamiques du monde.
Depuis le début des années 80, il ne cesse d'accumuler les plus hautes
distinctions dans les festivals internationaux.
Cette vitalité est aussi remarquable que paradoxale. Rien ne laissait
supposer que ce cinéma survivrait à l'épreuve de la révolution islamique
de 1979, à laquelle ont succédé huit années de guerre. Rien ne laissait
supposer non plus que la République islamique, mise en place par
l'âyatollâh Khomeyni, attacherait une telle importance au secteur culturel,
et notamment au cinéma, au point de vouloir en faire un des principaux
outils de l'islamisation de la société et ce, au moins jusqu'à l'élection du
président Khâtami en 1997.
Pour rendre compte de cette aventure cinématographique, ce livre recourt
à un mode d'analyse original : il s'appuie sur une approche politique et
institutionnelle. Politique du cinéma iranien retrace les enjeux que représente
le cinéma au sein de ce régime, et la façon dont s'est élaborée une politique du
cinéma sans équivalent. Sur la base d'une analyse filmographique de plus de
trois cents titres, l'auteur recense par ailleurs les thématiques et les
personnages marquants du cinéma iranien, ainsi que leur évolution
depuis l'établissement de la République islamique. Face à un système de
censure d'un puritanisme inégalé, qui empêche par exemple, toute relation
tactile entre homme et femme à l'écran, elle met en lumière les réponses
apportées par des réalisateurs aussi différents qu'Abbas Kiarostami, Jafar
Panahi, Ebrahim Hatamikia, Rakhshan Bani Etemad ou Mohsen Makhmalbaf.
Partant du cinéma, cet ouvrage offre aussi une lecture des rouages et des
dynamiques à l'oeuvre dans l'État iranien, et permet de saisir les enjeux
majeurs qui structurent cette société.