Faut-il renoncer à la métaphysique ?

Faut-il renoncer à la métaphysique ?
Longtemps tenue pour le coeur le plus intime et la pointe la plus acérée de l'entreprise philosophique, la transcendance métaphysique relève-t-elle d'une illusion désormais interdite à la lucidité réflexive ? Peut-elle survivre, autrement dit, à une critique qui, depuis Kant, s'est prolongée et radicalisée sous diverses formes jusqu'à nos jours ? On tente ici de prêter l'oreille à ces chroniques d'une mort annoncée, mais en demeurant attentif à ce qui ne cesse de faire retour sous leurs proclamations contradictoires. Ce qui conduit à distinguer entre des prétentions devenues intenables et une intention à laquelle il paraît impensable de renoncer. Toujours tournée vers l'existence en son intégralité et sa radicalité, une métaphysique renouvelée ne tenterait plus d'en rendre raison de manière magistrale, mais elle relancerait sans fin l'élan interrogatif qui la porte au dehors et au-delà d'elle-même. En nous et entre nous, la passion métaphysique ne cesserait de renaître de l'effondrement des constructions métaphysiques.