Les royaumes wolof dans l'espace sénégambien : XIIIe-XVIIIe siècle

Le Grand Jolof fut l'un des grands États musulmans de l'Afrique de
l'Ouest médiévale. La recherche de ses débuts et l'étude de sa genèse
permettent d'en reculer le cadre chronologique jusqu'au XIII<sup>e</sup> siècle. Il
fut contemporain de l'empire du Mali dont il dut probablement, de façon
souple, reconnaître l'hégémonie. Mais, situé aux confins de cet empire
et limitrophe du Sahara, participant directement aux courants d'échanges
transsahariens, sur le plan culturel comme sur le plan économique, il se
comporta comme un compartiment autonome du monde soudanais.
Au milieu du XV<sup>e</sup> siècle, l'arrivée des caravelles portugaises ouvrit une
ère nouvelle pour la Sénégambie dont la côte devint lieu de contacts et
d'échanges. Ce Soudan extrême-occidental devint un Soudan atlantique. Il
entra dans un système économique dont l'impact sera une des causes de la
dislocation du Grand Jolof. Les royaumes qui étaient sous son hégémonie,
wolof, sérer, malinké, se soulevèrent ou se détachèrent. Le monde vvolof
sera désormais, jusqu'à la colonisation, constitué de quatre royaumes : le
Jolof, le Waalo, le Kajoor et le Bawol.
De la dislocation du Jolof à la conquête française, l'histoire de ces
royaumes sera avant tout celle de leur dynamique propre : construction
de l'État et d'une force militaire qui deviendra politique, conflits sociaux,
révoltes paysannes, islamisation et rôle politique des responsables religieux.
Les échanges atlantiques ont fortement pesé sur l'évolution économique,
les États se sont adaptés au marché mondial et à la demande d'esclaves,
laquelle s'est fortement accrue à la fin du XVII<sup>e</sup> siècle. Mais ce ne fut pas
de manière passive ; les rois ont maintenu sous leur contrôle les contacts
côtiers et ont même réussi, au cours du XVIII<sup>e</sup> siècle, à infléchir en leur
faveur les termes de l'échange.