Les romanciers français lecteurs et spectateurs de l'étranger (1920-1950) : actes du colloque international

Quelle place a été réservée à l'étranger dans la France littéraire et
critique entre 1920 et 1950 ? À un moment où Paris est reconnue
comme une capitale culturelle, où La Nouvelle Revue Française joue,
en Europe, un rôle considérable de médiation intellectuelle et littéraire,
il convient d'analyser les «rencontres» étrangères des romanciers
français, d'explorer la part du décentrement, de l'ouverture à
l'autre dans leur création mais aussi, comme en miroir, les effets de
cette expérience de l'étranger dans la perception de leur identité.
Quelles lectures ont été faites de Conrad, de Joyce, de Schnitzler, de
D'Annunzio, des écrivains scandinaves ? Comment Gide, Mauriac,
Rivière, Colette ou Camus ont-ils accueilli les littératures étrangères ?
Comment Martin du Gard ou Giraudoux ont-ils fait oeuvre d'adaptateur
? Et parce que l'entre-deux-guerres voit l'efflorescence de nouvelles
formes théâtrales, que les metteurs en scène du Cartel, en particulier,
ouvrent largement les portes de leurs salles aux pièces venues
d'ailleurs, il importe de ne pas oublier que les romanciers «20-50»
ont été non seulement des lecteurs mais aussi des spectateurs de
théâtre ou, comme Romain Rolland, d'opéra. L'analyse des écrits critiques,
des préfaces, journaux intimes ou correspondances conjointe
à celle des oeuvres romanesques, l'étude des périodiques, comme La
Nouvelle Revue Française ou L'Action française , celle des traductions
ou des adaptations permettent de mettre en évidence les différentes
approches des littératures étrangères, de la méfiance, voire du rejet,
à l'appropriation.
Réunissant les communications prononcées lors du colloque international
«Les romanciers français lecteurs et spectateurs de l'étranger
(1920-1950)», organisé les 15 et 16 mars 2002 par le Centre de
Recherche en Littérature générale et comparée et le Centre «Roman
20-50» de l'Université Charles-de-Gaulle - Lille 3, cet ouvrage permet
ainsi d'esquisser une carte du goût littéraire en France dans la
première moitié du XX<sup>e</sup> siècle.