Carnets d'errance

Avec ce livre, Jacquy Gil témoigne d'un allant irrépressible qui le mène aux
confins de lui-même, mêlant des réflexions parfois ancrées dans la vigilance de
l'instant et des réflexions plus personnelles comme inspirées par l'éclair de
l'intellect. Peut-être se surprend-il lui-même à pressentir des constats saisissants
ouvrant en grand sa sensibilité poétique. L'auteur se met en quête d'émerveillements.
Il ouvre tout au long du livre un dialogue avec ce qui l'anime et l'émeut audelà
des apparences comme dans une recherche incessante de ce qui le fait vivre et
même vibrer.
Dans son avant-propos l'auteur se dévoile davantage :
«Simples constats, prémices de poèmes n'ayant point abouti, émotions, exaltations,
indignations, et autres regards... Des aphorismes peut-être, pour ce qui est de
leur forme, mais trop ténus encore pour en mériter le titre ; des dires se forgeant
dans les brutes structures de l'instant et, par conséquent, qui ne sauraient se prévaloir
de quelque absolu.
Leur démarche cependant ? Tenter d'éclairer un tant soit peu ce difficile et non
moins périlleux labeur auquel s'attelle la conscience. Elle, devenue tellement exigeante
au fil de ses avancées. Le danger : plus l'on se rapproche de ce que l'on
interroge et plus grand devient le risque de le voir s'échapper. Mais il en va ainsi
pour toute ascèse : au moment où s'effleure quelque lueur, surgit alors un étrange
sentiment de vide, d'abandon, - pire, d'ignorance.»