Viens chez moi, j'habite dehors : un voyage chez les sans-abri

"Je rentre chez moi, aussi décalée qu'après un long et lointain
voyage. J'ai mal au dos d'avoir passé deux nuits sur une
banquette de train. Mes mains sont rouges, crevassées ;
j'ai les lèvres gercées et mes pieds sont enflés et douloureux.
Je ne pensais pas qu'on pouvait s'abîmer aussi vite."
En 1993 et 1994, Elsie dessine les sans-abri qui se retrouvent
à La Moquette, un lieu d'accueil et d'échanges au coeur de
Paris. Dix ans plus tard, elle retourne dans cet endroit où le
seul but est de rencontrer l'autre.
Gilles est toujours là. Il vient de fêter son demi-siècle mais
Claude et Bernard, ses meilleurs potes ont quitté la vie.
La vie aussi les a quittés. C'est maintenant Gigi qui partage
le périple urbain de Gilles. Au bout d'une semaine,
ce dernier propose à Elsie de l'accompagner
à nouveau durant la nuit.
A la Moquette, les ateliers d'écriture et le besoin de
partager quelques heures attirent de nouveaux venus.
Le temps s'est écoulé et le drame social se perpétue,
banalisé. Le chômage, le désarroi, la solitude.
Nombreux et parfois indicibles sont les chemins qui mènent
aujourd'hui plus de jeunes, de femmes
et de familles à la rue.