Pensées, répliques et anecdotes

En finissant ce livre, Claude Chabrol était habité d'une crainte,
celle de paraître sympathique. Hélas pour lui, il semble que
celle-ci ait été parfaitement fondée. On retrouve en effet avec
bonheur en lisant ces Pensées, répliques et anecdotes toute
la malice et l'esprit de ce metteur en scène. En particulier
son coup d'oeil gourmand et impitoyable lorsqu'il s'agit de
déceler le ridicule de nos moeurs en général, mais aussi
de l'argent roi, de la bourgeoisie, des oeuvres humanitaires,
du cinéma et de la télévision en particulier, le tout avec une
bonne humeur contagieuse. Qu'il évoque les cons les plus
splendides qu'il a côtoyés, les points communs entre critiques
cinématographiques et gastronomiques, ou encore ses
rapports avec Jean-Luc Godard.
Nous vivons une époque où les pizzas arrivent
plus vite que la police.
On ne peut pas tout avoir. Et puis d'abord
où le mettrait-on ?
On ne doit pas avoir plus d'argent que son imagination
ne permet d'en dépenser.
La bêtise est infiniment plus fascinante que l'intelligence,
infiniment plus profonde. L'intelligence a des limites,
la bêtise n'en a pas.