La chair et l'éros

Ni complètement transcendant, ni totalement immanent,
le sens de l'union charnelle exige l'attention au corps lui-même
comme vecteur de sens et réclame en même temps l'intention
définie des deux amants, une contextualisation et plus largement,
dans une perspective éthique, une éducation à l'amour.
Que signifie la parole biblique : «ils ne feront qu'une chair» ?
La chair et l'éros, traversés par la solitude, la différence,
l'errance, appellent la relation et le don au creux du désir. L'incarnation
humaine elle-même est la structure de la relation à
l'autre comme autre, la condition de possibilité de l'accès à
autrui, qui ne peut s'établir que dans et par le désir : par sa nature,
celui-ci fait se rejoindre deux chairs sans les confondre ni
les instrumentaliser.
Phénoménologie et éthique chrétienne s'entrelacent en
se questionnant. Elles ont des assises singulières mais aussi
une manière commune d'envisager l'homme comme un être
incarné, un être de désir et en relation avec autrui. Intimité,
pudeur, pulsion, alliance, relation, unité, transcendance, chaque
notion vient éclairer les facettes du rapport difficile entre
la chair et l'éros au fil de ces pages rigoureuses et passionnantes.