Violences faites aux femmes et santé

Le séminaire «Violences faites aux femmes et santé», qui s'est tenu à Paris les
27 et 28 janvier 2014, a eu pour objectif de faire le point en matière de politiques
publiques afin de mieux prendre en charge sur le plan sanitaire, médical et pénal les
femmes victimes de violences.
En effet, les violences faites aux femmes sont à l'intersection des sphères
médicale et pénale. D'une part, les violences ont des conséquences sur la santé
physique et psychique des femmes, et ces dernières consultent régulièrement des
professionnels de santé. Il s'agit alors de faire coïncider les données statistiques
sur les violences faites aux femmes avec le quotidien des médecins, sages-femmes,
gynécologues... Les tableaux cliniques auxquels ils sont confrontés sont souvent
d'une extrême banalité et rendent le repérage difficile. C'est pourquoi l'ensemble
des professionnels de santé doit être formé aux violences, leurs mécanismes et leurs
conséquences.
D'autre part, les violences faites aux femmes sont des infractions, même si leur
pénalisation est extrêmement faible au regard du nombre de faits déclarés par les
femmes lors des enquêtes. Les professionnels de santé interviennent en amont de la
procédure pénale dans le recueil des preuves. Ainsi, ce sont eux qui rédigent les certificats
médicaux détaillant les conséquences des violences et qui fixent le nombre
de jours d'incapacité totale de travail, qui détermine la qualification des violences
en contravention ou délit.
Pour tenir compte de ces enjeux de nature très différente, la prise en charge
des femmes doit être globale : différents dispositifs d'accompagnement des femmes
victimes de violences permettent leur écoute, l'information sur leurs droits, leur
orientation ou encore une prise en charge psychologique. Leur accès demande parfois
à être généralisé ou encore leurs moyens renforcés.
Enfin, la présentation du 4<sup>e</sup> plan de prévention et de lutte contre les violences
faites aux femmes met en exergue les dernières avancées en la matière tandis que
la loi sur l'égalité réelle entre les femmes et les hommes permet d'agir sur les fondements
des violences.