Journal d'une apprentie séductrice

La vérité sort parfois de la bouche de nos ennemis. Pourtant,
lorsque Pénélope, la plus peste de toutes mes collègues, m'a
traitée de «vulgaire séductrice» je me suis d'abord drapée
dans ma dignité, telle une vierge effarouchée. Moi, une
séductrice ? C'est vraiment la meilleure ! Depuis que j'ai
quitté Mike, il y a trois ans, ma vie sentimentale est aussi
déserte que Vancouver au mois d'août ! Ce qui, soit dit en
passant, commence un peu à m'inquiéter.
Enfin, c'est du moins ce que je croyais car, ce matin, en
allant travailler, mon nouveau voisin m'a dévorée du regard,
comme si j'étais le sosie de Gisele Bündchen en goguette sur
une plage de Rio. Et ce n'est pas tout, lorsque je suis arrivée
au bureau, notre sublimissime patron m'a invitée à déjeuner.
Alors j'ai été prise d'un doute. Et si Pénélope avait raison ?
Et si j'étais une séductrice qui s'ignore, une sorte de George
Clooney en jupons ?