Le bonheur refleurira-t-il ?

Marie-Claude, institutrice tout juste sortie de l'École Normale, les dents
longues, issue d'un milieu plus que modeste, ne rêve que d'argent. Elle pense
avoir déniché la poule aux oeufs d'or en la personne de Joseph, un jeune
agriculteur cantalien qui exploite un superbe domaine. Elle l'épouse croyant
accéder à un paradis doré, mais elle ne tarde pas à déchanter.
Ces foutus paysans sont vraiment indécrottables. Dès qu'ils gagnent
quelque sous, au lieu de se livrer à d'intelligentes dépenses, telles que
manteau de fourrure, bijoux, belle voiture et sorties diverses, ces sinistres
abrutis achètent, sans doute par pure gloriole, du matériel - dont ils n'ont
nul besoin - ou des terres, alors qu'ils en possèdent déjà bien suffisamment.
Faut-il qu'ils soient bêtes ; ainsi ils vivent pauvrement et meurent riches ! Il
est absolument impossible de leur faire délier le cordon de leur bourse.
De guerre lasse, Marie-Claude plaque ce déplorable mari, après l'avoir
au préalable abondamment trompé ; cet affreux radin le méritait amplement.
Joseph, grand garçon d'une naïveté désarmante n'a rien vu venir. Il se retrouve
seul, tout triste et très embarrassé ; encore heureux qu'il ait sa vieille maman.
Posséder plus de cent vaches et n'avoir même pas un petit bout de femme à
mettre dans son lit ! Quelle misère !
Aujourd'hui, hélas, c'est le sort de beaucoup de gars de la campagne.