Industriels et banquiers français sous l'Occupation

Industriels et banquiers français sous l'Occupation

Industriels et banquiers français sous l'Occupation
Éditeur: Armand Colin
2013815 pagesISBN 9782200277765
Format: BrochéLangue : Français

L'ouverture des archives des années 1930 et 1940, en particulier les fonds

français et allemands de l'instruction des procès des ministres de Vichy en

Haute Cour, permet de répondre aujourd'hui formellement à la question

que posait en 1999 l'ouvrage Industriels et banquiers sous l'Occupation. La

collaboration économique avec le Reich et Vichy : la haute banque et la grande

industrie furent-elles confrontées au vainqueur allemand brutalement installé

à l'été 1940 ou accueillirent-elles avec empressement leur partenaire privilégié,

pour amplifier une collaboration «continentale» et «européenne» établie de

longue date ?

L'hypothèse d'un lien organique entre la «collaboration économique» - ou la Collaboration

tout court - d'avant-guerre et celle de l'Occupation reflète ce qu'Alexandre

Jardin appelle dans sa préface «l'effarante réalité», celle qui pousse à «entrer en

déni pour trouver l'existence plus respirable». La continuité des pratiques du grand

capital financier entre Crise et Occupation est désormais démontrée : vente au

Reich de tout ce qui pouvait être vendu, des matières premières aux produits fabriqués,

fondation de cartels «européens» à direction allemande, cession des titres

français - qualifiés de 1940 à 1944 d'«aryens» ou de «juifs» et associations de

capitaux, avec éviction, depuis l'invasion, des «capitaux juifs». Les sources

révèlent le rôle décisif joué par les grands lieutenants de la synarchie dans «l'État

français» et dans l'économie, désormais exclusivement mise au service de la machine

de guerre allemande : industriels et banquiers eux-mêmes, hauts fonctionnaires,

permanents ou d'occasion, ils appliquèrent, avec l'aide de l'occupant, un plan

drastique de hausse du profit, de concentration du capital et de baisse des salaires.

Délégués à tous les ministères économiques, ils investirent aussi l'Intérieur, poste utile

au combat contre les «indésirables» intérieurs, étrangers ou français, les ouvriers

«meneurs» ou non, mais aussi les modestes concurrents économiques, juifs ou

«aryens».

Les archives désormais accessibles éclairent enfin les étapes du passage des élites

financières de la Collaboration, souvent poursuivie jusqu'aux limites de l'été 1944, au

ralliement général à la Pax Americana et au triomphe du statu quo socio-économique

de la Libération.

Si «effarants» qu'ils soient, ces fonds imposaient de refaire l'ouvrage de 1999. Sa

nouvelle version est une obligation bienvenue, à l'heure où une nouvelle bourrasque

systémique renoue avec l'ère de Crise et de guerre.

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