Les cessions d'actifs agricoles dans les pays en développement : diagnostic et recommandations

Des États, des fonds souverains et des entreprises
ont acquis d'immenses superficies arables dans
les pays en développement. Si l'ampleur du
phénomène reste à mesurer, les risques de cette
apparente «ruée sur les terres» sont patents, de la
spoliation des paysans à la flambée du foncier, en
passant par les dégradations environnementales.
Pourtant, il est nécessaire de procéder à un apport
massif de capital dans les filières agricoles des
pays du Sud si l'on veut nourrir neuf milliards
d'hommes en 2050. Les cessions d'actifs agricoles
sont donc appelées à s'intensifier. L'urgence
consiste à les encadrer pour les rendre profitables
aux investisseurs comme aux populations locales.
Plutôt que de proposer des mesures coercitives
irréalistes, ce rapport préconise de mobiliser une
palette de dispositifs non contraignants - études
d'impact, concertation, labels ou chartes de
bonne conduite, etc. En attendant une véritable
régulation mondiale, il faudra ainsi compter sur la
promotion de principes forts et sur des engagements
volontaires pour pacifier un enjeu qui
s'annonce crucial dans les décennies à venir.