Généalogies du romantisme musical français

La vie musicale entre 1787 et 1830, de la mort de Gluck à la création de
la Symphonie fantastique de Berlioz, délimite l'espace d'investigation,
autant chronologique que géographique, de cet ouvrage. Sur quelles
lignes de force a pu se construire une conscience romantique musicale dans la
capitale française jusqu'à l'affirmation de 1830 ?
Diverses approches croisées entre spécialistes de la littérature, historiens et
musicologues articulent, à partir de cette question, le dialogue ici proposé.
Une enquête lexicale puis philosophique autour du mot «romantisme»,
de ses significations pour la critique et de ses matérialisations sonores,
fonde l'échange. L'ouvrage s'applique ensuite à mettre en lumière les liens
complexes qui unissent les générations successives ou contemporaines. La
transmission intergénérationnelle passe par les figures tutélaires que furent
Beethoven, Méhul et Rossini, Berlioz et Gluck, mais aussi par la nouvelle
figure du chef d'orchestre. Le romantisme naissant est enfin ressaisi à partir de
ses géographies réelles ou imaginaires : l'Europe du nord, avec Ossian et
Walter Scott, les parcours de musiciens entre France, Italie et Allemagne, avec
Cherubini et Spontini, le glissement des pays archaïques et mythiques aux
contrées plus réelles dans les livrets d'opéra de Rossini, l'ouverture d'un
romantisme européen avec Stendhal, l'attention même aux musiques extra-européennes
avec Lamartine.
Plus souvent construites que subies, ces «généalogies» du romantisme
musical français, contribuent à révéler l'identité parisienne d'un phénomène
européen, ouvert et interrogateur.