Le livre noir du CSA : enquête sur les dérives et les gaspillages du Conseil supérieur de l'audiovisuel

En France, vous ne voyez aucune image, vous n'entendez aucun son
émanant des télévisions ou des radios qui n'aient reçu l'agrément,
sinon l'autorisation du Conseil supérieur de l'audiovisuel. Le CSA,
entre autres missions, délivre des licences, veille à l'équilibre du temps
de parole des politiques, à l'éthique des programmes, à la protection des
mineurs ou encore promeut la diversité en son éminente qualité de
gendarme de l'audiovisuel français.
Problème : qui réprimande le gendarme lorsqu'il plonge sa main dans
le pot de confiture ? Un peu plus de vingt ans après sa création, cette
autorité administrative indépendante n'est plus que l'ombre
d'elle-même. Piloté par un président omnipotent et huit autres Sages
intouchables, le CSA s'apparente de plus en plus à une institution offshore
de la République, un authentique «fromage» français. Au sommet
de la tour Mirabeau qui domine le front de Seine, les bureaux souvent
déserts sont somptueux, les rémunérations des Sages très élevées, les
parachutages fréquents, les avantages en nature considérables et les
conflits d'intérêts n'y dérangent personne. Au service de ce succédané
de gouvernement au fonctionnement opaque, trois cents fonctionnaires
triment dans l'ombre pour lancer des projets mort-nés comme la Radio
numérique terrestre.
Au terme d'une enquête sans concession truffée de révélations, ce
livre noir pose une question dont devra s'emparer la classe politique
française en 2012 : faut-il en finir avec le CSA ?