Zorros, zéros et zozos : quelques femmes et beaucoup d'hommes politiques dans le cinéma français (1974-1998)

«Les personnages politiques du cinéma français ont connu
les variations, les espoirs, les illusions et les déceptions de
leurs modèles de la vie réelle. Comme pour les personnages
de patrons, la chronologie des images suit ainsi celle de
l'actualité présidentielle. Car depuis que les institutions de
la République se sont monarchisées pour faire face au péril
de la guerre d'Algérie, c'est-à-dire depuis 1958, c'est autour
du président que s'articulent le débat et les orientations
politiques du pays.
Parmi les pays industriels occidentaux, il n'y a qu'en Italie
et en France où un homme politique peut être soupçonné de
tremper dans un scandale et se targuer de la légitimité du
suffrage universel, soit pour échapper à la justice des
hommes, soit pour continuer sa carrière publique.»
Après avoir étudié la représentation des patrons dans le
cinéma français dans Mais où sont les salauds d'antan ?,
Vincent Chenille et Marc Gauchée récidivent dans cette
collection à propos des hommes politiques.
A l'inverse des patrons, véritables "salauds" à la fin des
années 70, devenus de braves types à la fin des années 90,
les personnages politiques dégringolent de leur piedestal :
luxurieux, incapables, corrompus ou impuissants, ces
hommes qui voulaient sauver le monde dans les années
70, cherchent à sauver leur mandat dans les années 90 !