Le discours profane

«Et nous étions, la grande majorité des
présents, nus dans la piscine. Maria sans trop
de gêne avait dévoilé sa nudité de madone. Ma
voisine de table elle aussi s'y était mise. Elle
avait de longues jambes et les fesses plates et
de gros seins tout ronds. Elle glissait dans l'eau
furtivement et chantait pour se donner un air.
En fait, nous nous amusions beaucoup, un peu
étonnés, comme des élèves pris en défaut, par la
tournure que prenait la situation... Et si "ils" nous
voyaient déclarait en pouffant la vieille latiniste.
Elle poursuivait... Tu vois Jean-Baptiste ça devrait
être comme ça tous les jours, tous les jours et
respirer comme ça pour de bon. J'étais loin. Je
recherchais le regard de celle qui me fuyait et qui
tournait autour de moi et qui me souriait encore
et encore et qui riait abondamment.»
À travers des portraits de femmes, le narrateur
recherche des éclats de grâce qui l'empêcheront de
succomber au vertige. Pour tromper l'absurde, il
oppose cette quête de la féminité et de la sensualité
qui est une religion, une figure de style.