Cachemire : le paradis perdu

En 1989 déjà, le directeur de la CIA désignait
le Cachemire comme «la région la plus
dangereuse et la plus explosive du
monde». Il est vrai qu'elle a connu quatre guerres
en cinquante ans et que, depuis la fin des années
quatre-vingt, les actes de terrorisme transfrontalier
ont fait plus de soixante mille morts.
Il n'en a pas toujours été ainsi. Lorsque Sir Francis
Younghusband traverse le Cachemire à la fin du
XIX<sup>e</sup> siècle, il décrit la région comme un des hauts
lieux de l'art et de la littérature. C'est aussi un
pays où, il y a quelques années encore, on pouvait
trouver une véritable symbiose entre les cultures
hindoue et musulmane.
Le drame survient lorsque les Britanniques se
retirent de l'Inde en 1947. L'Etat du Jammu et
Cachemire se trouve pris en sandwich entre les
deux nouveaux dominions de l'Inde et du
Pakistan. La tragédie est née de la folie même de
cette partition.
Claude Arpi démêle l'écheveau compliqué du
destin de cet ancien royaume, naguère heureux.
Son livre analyse les racines du problème actuel
ainsi que les complexités stratégiques de cette
région, entourée par la Chine, les pays pétrolifères
d'Asie centrale et l'Afghanistan. Il étudie en
particulier les rapports entre l'Inde et le Pakistan,
marqués depuis plus de cinquante ans par une
rivalité de «frères ennemis», et suggère des
solutions à ce conflit, l'un des plus longs et difficiles
de la planète.