Henri-Mathias Berthelot (1861-1931) : du culte de l'offensive à la stratégie globale

Au pied des Carpates, il existe une petite localité roumaine qui arbore fièrement
son nom de baptême à la consonance bien française : «Ville Berthelot». Sur le mur
de la mairie, une plaque de marbre blanc, apposée sur la façade extérieure, rappelle
que le 28 janvier 2001, à l'occasion du 70<sup>e</sup> anniversaire de la mort du général
français, on y a célébré la mémoire de ce héros que la France lui avait envoyé pour
sauver la Roumanie en 1916. Quelques semaines plus tôt, à l'occasion d'un
référendum local, Unirea - c'est l'appellation que Ceausescu lui avait donné
en 1965 - avait décidé de reprendre le nom de Général Berthelot que ses habitants
lui avaient donné en 1923 et qui avait fait sa fierté depuis lors, abandonnant
l'ancienne appellation de Farcadin de Sus. À cette époque, toute la Roumanie
fêtait ce héros de la Grande Guerre familier de Joffre, du roi Ferdinand I<sup>er</sup>
de Roumanie et de son épouse Marie, que sa «Grande soeur» de l'autre bout de
l'Europe lui avait envoyé à la tête d'une mission militaire pour permettre de résister
aux troupes austro-allemandes et ainsi donner naissance à la Grande Roumanie.
Après un travail minutieux de plus de 10 ans, entre la France et la Roumanie,
Jean-Noël Grandhomme a patiemment reconstitué l'itinéraire hors du commun
de ce général trop peu connu en France mais auquel les Roumains vouent un
véritable culte.
Grâce à un important travail documentaire, mené avec toute la rigueur scientifique
de l'auteur, on pourra découvrir la vie d'Henri-Mathias Berthelot, libérateur de la
Roumanie mais aussi vainqueur à Verdun à la tête du 32<sup>e</sup> corps lors de la reprise
de Mort homme.
Une plongée fascinante au coeur de l'Empire français entre Indochine et Algérie,
mais aussi dans l'Europe centrale de la première guerre, quand la diplomatie
côtoie l'art de la guerre.