Vercors des mille chemins : figures de l'étranger en temps de guerre

«Une forteresse inaccessible»... Combien d'auteurs ont-ils
repris à leur compte cette métaphore pour dépeindre le massif
du Vercors ? Lancée par les excursionnistes au XIX<sup>e</sup> siècle, la formule
est devenue un lieu commun.
Convoquer la figure de l'étranger dans un univers où il n'est
pas spontanément pensé, et souvent oublié, contribue à revisiter la
représentation d'un territoire finalement ouvert et bigarré. Au cours
du XX<sup>e</sup> siècle, en particulier durant la Seconde Guerre mondiale, on
y trouve en grand nombre des migrants économiques, mais aussi
des réfugiés politiques de toute l'Europe, des Juifs persécutés, des
coloniaux (tirailleurs africains ou bûcherons indochinois), puis des
prisonniers de guerre allemands participant à la reconstruction...
D'où les mille chemins de ces étrangers vivant au contact de la
population locale, certains s'illustrant dans la Résistance.
Si l'approche est centrée sur le Vercors, c'est en lien à
d'autres espaces - Rhône-Alpes bien sûr, mais aussi en direction
de l'Italie ou de l'Espagne. Autant d'éclairages sur une réalité conditionnée
par des mobilités de tous ordres et des effets de réseau.
Rassemblant des historiens reconnus, de jeunes chercheurs,
des artistes ou des témoins, les contributions dressent un panorama
inédit. L'ouvrage ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour oeuvrer
à la reconnaissance de la diversité des mémoires en temps de guerre.