D'Alembert : une vie d'intellectuel au siècle des Lumières

D'Alembert : une vie d'intellectuel au siècle des Lumières

D'Alembert : une vie d'intellectuel au siècle des Lumières
Éditeur: Fayard
2007445 pagesISBN 9782213631257
Format: BrochéLangue : Français

Fils naturel d'une nonne libertine, condamné au sort des enfants trouvés,

Jean Le Rond dit d'Alembert acquiert très jeune la réputation de plus grand

géomètre d'Europe ; esprit facétieux, il enchante les salons par ses saillies bur-lesques

et ses dons d'imitateur. Mais c'est la littérature qui fait de lui la grande

figure du siècle des Lumières. Le «Discours préliminaire» de l' Encyclopédie ,

entreprise dont il assure la direction avec Diderot, lui vaut une gloire comparable

à celle de Voltaire et l'amitié des «despotes éclairés», Catherine de

Russie, Frédéric le Grand, qui tentent même de l'attirer chez eux.

Après avoir investi les salons parisiens et les académies, d'Alembert devint

le fédérateur du «parti philosophique», soutint avec ardeur la lutte contre

les «dévots», s'engagea sur tous les fronts et dans toutes les querelles qui

opposaient les gens de lettres et souvent leur valaient les foudres de l'autorité.

Peu apprécié à la cour, il avait aussi des ennemis dans son propre camp. Ceux-ci

réprouvaient ses idées radicales, ceux-là enviaient la position acquise par ses

seuls mérites qui lui donnait le magistère sur le monde des sciences et des

lettres, la quasi-totalité de ses pairs lui rendaient justice, mais ceux qu'il avait

blessés lui vouaient une haine féroce, le qualifiaient d'usurpateur et le

condamnaient pour son charlatanisme supposé : sa prétendue supériorité

en géométrie lui aurait valu son triomphe dans la littérature, alors que

sa renommée d'homme de lettres en aurait imposé aux mathématiciens...

On lui reprochait aussi son despotisme et son esprit vindicatif. Ce dernier

reproche était parfois justifié ; mais si d'Alembert intrigua parfois, ce fut

pour la cause, celle des Lumières, et nullement par ambition ou intérêt.

Discret sur sa vie intime, il connut une passion publique qui ne s'éteignit

qu'avec lui. Le couple d'Alembert-Julie de Lespinasse compte au nombre des

idylles qui n'ont pas encore révélé tous leurs secrets.

Au-delà des querelles, il reste son oeuvre : inséparable du caractère de

l'homme partagé entre ironie et fureur, elle a suscité générosité et passion partisane

et reste, à côté de celle de Voltaire, la manifestation la plus éloquente, le procès-verbal

le plus explicite de l'exceptionnelle fermentation intellectuelle d'un siècle

qui a voulu s'aventurer hors des territoires connus et labourer les terres vierges

que son optimisme disputait aux fanatismes et au fatalisme.

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