La police à l'épreuve des incivilités : la dynamique du désordre

Le décès accidentel de deux jeunes qui tentaient d'échapper
à une interpellation policière a déclenché, lors de l'automne
2005, une flambée de violence urbaine. Durant trois semaines,
les forces de l'ordre ont connu des échauffourées et ont parfois
essuyé des tirs à balles réelles. Plus de 200 gendarmes et policiers
ont été blessés sur les 11 500 hommes déployés.
En considérant les 110 000 faits de violence urbaine recensés
au cours de l'année 2005, ces émeutes ne représentent en
vérité qu'un symptôme. Elles ne sont ni nouvelles, ni passées.
Une police de répression est-elle alors véritablement efficace
pour lutter contre ce phénomène ?
La réponse est négative. L'utilisation d'une approche exclusivement
répressive, visant à arrêter l'auteur d'une infraction,
ne permet pas d'apprécier correctement une dynamique de
désordre qui agrège, dans l'espace et le temps, des actes d'incivilité
et de forte gravité pénale. Les stratégies policières et
sociales sont dès lors inadaptées. L'étude de la théorie des
«vitres cassées» et des récentes évolutions des modèles policiers
(notamment au Canada et aux États-Unis) invite à effectuer
de profonds changements. La France devrait ainsi opter
pour une police de «résolution de problèmes».