Berthe chérie : correspondance clandestine de Paul Zuckermann à sa fiancée : Drancy, août 1941-septembre 1942

Paul Zuckermann revendique comme blason : prévoir toujours le pire.
Oui, mais lorsque le pire devient inimaginable, inconcevable, lorsque
l'inhumanité fait loi, que prévoir comme pire ? Qu'importe, Berthe et Paul
ont échappé à ce pire, ils ont vaincu le sort affreux, vaincu Hitler et ses sbires,
et malgré l'abomination des abominations, leur amour a triomphé. Vivre en ce
temps là, c'était survivre, mais aussi aimer. Aimer pour résister au désespoir,
pour résister et abolir le pire, quel qu'il soit. Et pout nous, aujourd'hui, pour nous,
qu'est-ce que vivre ?
Nous qui connaissons désormais, ou croyons connaître, la teneur
du pire. Les lettres de Paul, débordantes de vitalité, d'amour et d'espoir,
ces lettres nous dictent la véritable devise de Paul : prévoir le pire,
mais se battre à chaque instant pour qu'advienne le meilleur.
Jean-Claude Grumberg