Ciel bleu et vase clos

A Oued-Taria, petit village proche des coteaux de Mascara, la vie est dure aux travaux des champs balayés par le sirocco, dévastés par les sauterelles mais elle s'écoule, généreuse, au rythme des naissances, des morts, des fêtes... Le ciel bleu fait partager aux trois communautés, métropolitaine, espagnole, arabe, l'amour total de leur village, apaise les douleurs, exacerbe les joies, suscite l'enthousiasme, raye les différences...
Les rayons chaleureux du soleil, leur lumière quasi magique vont dessiner pour Inès les limites d'un monde clos mais protecteur fait d'habitudes où la sagesse des anciens, le patriarcat, ont force de loi, où les croyances, les superstitions dament le pion à la culture.
La guerre, la mort de sa petite fille arracheront Inès à son univers. Il reste alors l'exil, moyen de sauvegarde ou vie qui s'effondre, le noir du deuil remplaçant dès lors le bleu du ciel.