Toronto : poèmes

Un flocon de poussière dans l'air de
Londres. Quelque part en Bourgogne,
un homme qui dort dans un train, sans
entendre le contrôleur qui ne se doute
pas de son rêve. Plusieurs silhouettes de
femmes de tous âges, sur fond de jardin
en fleurs ou de rideau matinal...
Metteur en scène, Luc Bondy a toujours
su exalter les voix des autres pour
célébrer dans ses spectacles «la fête de
l'instant». Ce sont de tels instants, suspendus
en plein vol, que sa propre voix
semble invoquer dans Toronto pour en
composer des tableaux d'une élégante et
douce mélancolie. On savait Bondy prosateur,
auteur d'un roman et de courts
récits. On le découvre ici poète, à l'écoute
des menus hasards réels ou rêvés de l'existence
: ciels mouillés, sapin brillant de
neige, champagne, insomnies, portraits
de chiens fidèles ou de chat prophétique
- sans compter quelques avions
qui emportent l'amour au loin, parfois
jusqu'au Canada.