Dictionnaire complice du surréalisme bruxellois

1918. Un monde est à abattre. Celui de l'Europe des cimetières,
de l'absurdité de valeurs bourgeoises que les surréalistes vont
s'employer à combattre au nom d'une morale, d'une éthique
vouée «à libérer l'homme en frappant d'anathème les comédies
religieuses et les morales hypocrites qui sèment la dissension et
les ténèbres». Combat exaltant, de Paris à Bruxelles, capitale
d'un pays à l'identité en creux, au passé sans langue, le tout
corsé d'un conflit communautaire attisant les regards vers
Paris.
Analyser le refus de vassalisation des surréalistes bruxellois.
Décortiquer les causes de la récusation de la paristocratie de
Breton par Paul Nougé et ses complices, ces «irréguliers, du
langage, dynamiteurs d'écriture. Vous conduire sur les pas de
la transgression subversive et de la rupture. Vous convier au
combat d'une poésie prenant corps dans la vie sociale pour
transformer le monde. Vous faire assister à la désintégration
des objets devenus bouleversants partant en guerre contre les
idées mannequins. Vous enrichir de mots devenus conscience,
et vous donner les clés pour déguster l'art devenu efficace avec
René Magritte et son Surréalisme en plein soleil.
Oui, osez ce surréel , cette réalité qui n'a pas été séparée de son
mystère... Vous griser de la pensée inspirée , du questionnement
dialectique conduisant les objets à perdre leur innocence. Enfin,
amener votre regard à penser autrement pour vous ériger en
veilleurs d'aurore ébranlés par l'«évidence imprévisible» du
merveilleux. Tel est le but de ce dictionnaire pensé comme un
abécédaire du ravissement démocratique.