Cameroun : liquider le passé pour bâtir l'avenir

Comment sera le Cameroun de demain ? Au moment où la
question de l'après Biya devient un sujet de débat de plus en plus
public, cette interrogation suscite à la fois espoir et inquiétude.
Même si le mot clé reste aujourd'hui comme en 1990
«changement», l'on se doit toutefois de lui donner un contenu.
Parce que changer le Cameroun ne peut pas se résumer à changer
les hommes qui le gouvernent, même s'ils sont restés les mêmes
ou presque depuis 1957. Les urgences de l'heure, au-delà du
vieillissement de la classe politique, englobent la mondialisation,
la contestation du leadership mondial par de nouveaux pays dits
émergents et, chez nous, le chômage, la misère de masse, la
maladie, les déchirements ethniques.
Cinquante ans après les «indépendances», nous avons
conservé, pour conduire les affaires de notre pays, le pacte
colonial habillé aux couleurs de la néocolonie. Le moment est
venu de liquider tout ce passé pour bâtir un Cameroun nouveau.
Quel contenu allons-nous donner au pacte républicain que nous,
Camerounais, allons devoir fonder si nous voulons toujours faire
route ensemble ? Il devra aborder sérieusement les questions de
cohabitation, souveraineté et gouvernance dans la perspective du
développement.