Les conditions de détention en France : rapport 2011

À l'heure où la question de la prévention et de la
répression de la délinquance et du crime s'est
installée au coeur du débat public, la radiographie
de l'univers carcéral français réalisée par
l'OIP n'est pas seulement une initiative citoyenne salutaire,
elle constitue une véritable démarche d'utilité publique. En
retraçant les évolutions des politiques pénales et pénitentiaires
au cours de la période 2005-2011, dans toutes leurs
nuances et contradictions, ce rapport permet à chacun de
connaître l'usage qui est fait de l'emprisonnement et la réalité
de ce qui se passe derrière les murs de nos prisons.
Alors même que l'institution pénitentiaire fait l'objet d'une
remise en cause permanente sur sa capacité à respecter
l'État de droit et les droits de l'homme, le nombre de personnes
incarcérées atteint des niveaux historiques et les
plans de construction de nouvelles prisons se succèdent.
Au terme d'un long processus d'élaboration, la loi pénitentiaire
de novembre 2009 n'a finalement pas apporté
d'avancée majeure dans la reconnaissance de droits visant
à protéger la personne détenue. Elle vient même entériner
certaines régressions, telle la mise en place de «régimes
différenciés». Quant à l'injonction paradoxale faite au juge
de systématiser la réponse «prison» (peines plancher) et
de transformer les courtes peines d'emprisonnement en
surveillance électronique, elle s'est accompagnée d'un
tournant législatif qui ajoute à des peines de plus en plus
longues des mesures de sûreté pour les auteurs d'infractions
les plus graves, sur la base d'une évaluation de la
«dangerosité» hasardeuse et artisanale.