La part de l'ombre : artisans du pouvoir et arbitres des rapports sociaux : VIIIe-XVe siècles

L'idée de transparence politique qui envahit aujourd'hui le champ
médiatique rend suspecte la moindre part d'obscurité en matière
d'administration et de gouvernement. C'est condamner un peu vite
la complexité de nos institutions construites en partie sur des
relations nouées entre des hommes placés en retrait de la scène
institutionnelle. De cette sobriété résulte une efficacité certaine dans
le processus décisionnel et la gestion des conflits.
Les contributions ici rassemblées mettent en valeur l'héritage
médiéval dans ce domaine en soulignant dans une grande variété de
milieux (diplomatie, administration urbaine, justice, etc.) le rôle de
ces chevilles ouvrières dotées de fonctions malléables acquises au
gré des circonstances et de l'urgence de la situation. Lobbyistes avant
l'heure, pesant en amont sur les décisions, ces hommes de l'ombre
ont pu aussi agir a posteriori comme auteurs et gardiens de la
mémoire écrite du jugement et du récit politique.