De la Loire

"Voici des vagues, et dessus des bras de danseuse
indienne, sous le vent."
Arpentant l'Estuaire de Nantes à l'Atlantique, un Noteur
voit et regarde des mouvements d'eau, et le profil des
rives. Des poèmes en prose, surtout, sont le résultat d'un
exercice d'observation. Loire est le fleuve libre que
l'action des hommes ne peut absolument soumettre. Il
est comme une aile sur un corps dépendant, le corps de
villes et d'industries liées, qui s'arrêtent au bord. Au bord
de quoi ? D'une corde d'eau, rythmique, historiée, impliquant
des faits et gestes. Le silence de la nature ne peut
non plus les réduire ou les comprendre absolument.
Toutes les beautés reconduisent à ce qui les a faites
difficiles, sinon inaccessibles et fuyantes. Loire est un lieu
profane, disponible, et elle commande bien plus que des
exercices de contemplation. Elle vaut pour la Nature,
sans doute, en tant que la Nature n'est pas seule.