Le déjeuner de la nostalgie

Dans l'Amérique des années 1960, une famille sans histoires
vit au rythme des déménagements successifs que leur impose
le père, représentant de commerce. Baladés d'une ville à l'autre,
les enfants se partagent entre leur mère, Pearl, une femme
autoritaire, et leur père, Beck, souvent absent. Le rythme est
précaire mais il existe, jusqu'au jour où le mari décide de les
quitter... pour ne jamais revenir. Ne rien dire aux enfants.
Leur faire croire qu'il est parti en voyage. Continuer à vivre
dans l'illusion d'une vie normale. S'occuper seule des gamins,
travailler dans un supermarché, et tenter de maintenir le
bonheur d'«avant» vivace.
Anne Tyler nous offre dans Le déjeuner de la nostalgie le
portrait à fleur de peau d'un drame familial calfeutré, en y
décortiquant leur incapacité à vivre ensemble. Jalousies,
trahisons, méfiance, bonheurs souvent succincts perdus dans
le flot du désamour, symptômes d'un manque qui malgré le
dévouement maternel absolu, laissera toujours entendre sa
voix nostalgique.