Le mal de Montano

«Lorsqu'il ne converse pas avec ses
doubles ou avec les fantômes de poètes
installés dans son salon, Enrique Vila-Matas
se glisse dans une de ses peaux
fictives et écrit, ou alors il revêt son
manteau rouge d'espion et sillonne sa
ville incognito (croit-il). Sans doute
qu'un bon espion ne laisse pas de
traces, mais le talent se remarque.
D'abord suivi par un cercle restreint
d' aficionados , l'excentrique Barcelonais
l'est aujourd'hui par une cohue
de lecteurs et les francophones peuvent
savoir gré à Christian Bourgois
de publier cette oeuvre en élaboration
(neuf titres à ce jour), inclassable mais
d'une cohérence manifeste, preuve
qu'inventivité fougueuse ne signifie
pas fouillis total. Dissimulé derrière
une narration effervescente et en
trompe-l'oeil, Vila-Matas s'interroge
sur la nécessité de la littérature et de
ses artifices pour supporter le réel et
creuse le paradoxe d'un absurde pourvoyeur
de sens. Bref, il ne s'apprête
pas à se séparer de sa plume...»
Elisabeth Vust,
24 Heures