La vocation de la personne : l'histoire du concept de personne de sa naissance augustinienne à sa redécouverte phénoménologique

La vocation de la personne : l'histoire du concept de personne de sa naissance augustinienne à sa redécouverte phénoménologique

La vocation de la personne : l'histoire du concept de personne de sa naissance augustinienne à sa redécouverte phénoménologique
Éditeur: PUF
2007514 pagesISBN 9782130562696
Format: BrochéLangue : Français

Aujourd'hui le sens de la distinction, fondatrice de l'humanité,

entre chose et personne est devenu obscur : jamais le terme de personne

n'a été autant utilisé, revendiqué, et jamais le mot n'a été

aussi vide. Il y a donc une urgence à rendre au terme de personne la

dignité d'un concept, ou au moins d'en faire le lieu d'une controverse,

au-delà de tous les consensus anesthésiants. Contre un tel

oubli de la personne, il s'agit de lier une méthode historique, qui

donne à voir la généalogie du concept de personne, et une analyse

philosophique, qui fait avancer la compréhension du sens d'être de

la personne, en évitant le relativisme historiciste, qui demeure

aveugle au concept, et une téléologie trop dure, qui fait du concept

kantien et juridique de personne une mesure absolue.

Les recherches de la remarquable philologie allemande permettent

de suivre l'évolution de prosôpon et de persona dans l'Antiquité

pour montrer sur quel sol le concept de personne va naître. Avec

saint Augustin, Boèce, Richard de Saint-Victor et saint Thomas

d'Aquin, la latinité transmet et fait se rencontrer le grec et le

biblique, pour accéder à un concept véritablement universel de personne,

qui n'épuise pas pour autant le secret de chacun. La philosophie

médiévale en comprenant la personne comme capacité passive

de recevoir, et donc d'aimer, en décrivant l'événement d'une

personnalisation qui est un être hors de soi, donne à penser la

dignité absolue de la personne à partir de sa dimension relationnelle

et responsive. Cette percée du concept de personne permet de relativiser

le concept moderne de personne, qui fonde la personnalité sur

le pouvoir de dire «je». Contre l'identification si «évidente» de la

personne à la conscience de soi, la phénoménologie comme

méthode rend son titre de noblesse au concept relationnel de personne,

sans tomber dans le piège d'une simple intersubjectivité. Elle

montre que le corps est le lieu d'une écoute du monde, qui fait de la

personne comme totalité un témoin avant d'être un sujet. Elle

dévoile le temps comme le lieu d'une vocation dans laquelle se

déploie une identité d'exode et d'exil dans la compassion et la

patience comme endurances de l'altérité : l'amour fait la personne.

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