Du bon usage de l'histoire : histoire, morale et politique à l'âge classique

Du bon usage de l'histoire : histoire, morale et politique à l'âge classique

Du bon usage de l'histoire : histoire, morale et politique à l'âge classique
Éditeur: H. Champion
2008631 pagesISBN 9782745317155
Format: ReliéLangue : Français

Historia magistra vitae : la célèbre formule cicéronienne, réactivée

par l'humanisme italien, sera revendiquée jusqu'au coeur du

XVIII<sup>e</sup> siècle. Dans une histoire promue «maîtresse de vie» l'âge classique

cherche, comme l'antiquité païenne, des exemples à imiter.

Leçon morale et leçon politique, l'histoire constitue en outre, pour les

catholiques comme pour les protestants, une leçon religieuse qui révèle

la conduite de la Providence.

Toutefois la leçon politique n'est pas toujours morale ni religieuse,

comme le montre la lecture qui est faite de Tacite. Plus fondamentalement

encore, le débat qui, à l'orée du XVI<sup>e</sup> siècle, a opposé Machiavel à

Guichardin sur la possibilité d'appliquer au monde contemporain les

leçons de l'histoire romaine, a posé une question qui résonnera tout au

long de l'âge classique, qui a appris de Montaigne que «tout exemple

cloche», et qui, bien avant la Querelle des Anciens et des Modernes, a

conscience de l'altérité radicale entre l'Antiquité et le présent. Le soupçon,

qui grandit dans le XVII<sup>e</sup> siècle français, envers une histoire maîtresse

de vie qui enseignerait les vertus publiques et privées, conduit à

déplacer son centre de gravité du public vers le privé pour la définir

comme anatomie du coeur humain.

Si donc l'on ne cesse, de Machiavel à Voltaire, de demander des

leçons à l'histoire, celles-ci revêtent des formes différentes voire antagonistes,

mais qui, toujours lourdes d'enjeux, révèlent des lignes de

fond. Le présent ouvrage scrute, pour la première fois, cette réflexion

sur l'utilité de l'histoire, en se fondant avant tout sur les nombreux

textes théoriques qui lui ont été consacrés, mais sans négliger ni les

Histoires elles-mêmes, ni les Mémoires, ni les textes fictionnels. La

pensée de l'histoire ne saurait en effet être coupée des réalisations

concrètes de l'historiographie, des Recherches d'Étienne Pasquier à

Montesquieu et Voltaire, sans oublier l'école érudite française.

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