Voyage sur la côte atlantique : de Royan à Noirmoutier

Il balance entre terre et mer, le coeur
des écrivains qui se sont pris d'amour
pour la Côte atlantique. Que ce soit
pour ses marins ou ses sirènes, ses
îles solitaires un peu farouches... tous ont écrit l'odeur du
varech et du sable mouillé, les dunes semées de pins qui
annoncent les grandes landes, les villages blancs le long des
plages, les fermes au toit plat et rose, les vignes, les marais
salants, endroits du bout du monde que décrit Fromentin.
Un peu de Bretagne nous dit Huysmans, un peu d'Afrique
nous dit Loti. Le voyageur est comblé.
Michelet aime fouler les sables de Royan et de Saint-Georges,
Mérimée s'extasie devant la façade de l'église de
Surgères, Maupassant se laisse envoûter par les arcades
mystérieuses de La Rochelle, Flaubert et Dumas devant les
ruines de Clisson : «Des siècles de rêverie pour une âme
de poète».
Et puis, surtout, il y a la «féerie gigantesque et surnaturelle»
de la mer impétueuse : «Un nuage passe, et voilà une
ombre violette qui s'allonge sur la mer, s'échancre, glisse
lentement, pareille à une île qui flotterait...» (Mirbeau)
Il semblerait même que sur ces landes, les oiseaux
chantent mieux qu'ailleurs...