Le monde des estampes japonaises

Au XVI<sup>e</sup> siècle, le Japon semblait figé pour l'éternité. L'empereur vit à Kyoto, entre temples et palais, dans un monde qui se veut immuable. Or, le choc se produit, en 1590, lorsque le shogun Tokugawa leyasu - le véritable maître du pays - décide de quitter la capitale, s'installe à Edo (l'actuelle Tokyo) et donne ordre à tous ses vassaux d'y édifier leurs demeures. Ces travaux drainent vers Edo nombre de commerçants, d'ouvriers, d'artisans et d'artistes. Cette classe nouvelle de chonin , les gens de la ville, s'enrichit considérablement. Mécènes, ils vont commanditer un art nouveau, l' ukiyo-e , qui s'exprime avant tout par l'estampe: les sujets sont empruntés à la vie quotidienne, aux scènes de rues foisonnantes d'activités, au théâtre nouveau, le kabuki , aux «maisons vertes», qui abritent les plus belles courtisanes, célèbres par leur beauté autant que par leurs dons de musiciennes et de danseuses.